Wall Street vs Main Street

On a beaucoup parlé de l’alphabet économique de la crise du covid (V, W, swoosh, racine carrée, …) et de ses effets de concentration sur les performances boursières.

L’article qui suit réconcilie ces deux notions de manière convaincante. Quelques mois seulement après la 1ère vague de coronavirus, on s’intéresse aux effets qu’exerce la pandémie sur des disparités économiques et sociales connues de longue date: niveau d’éducation, genre, origines raciales et ethniques, pauvreté…

Ici comme ailleurs, la pandémie ne fait que renforcer les tensions sociales. Le ‘V’ de la reprise économique cache un ‘K’ de la disparité.

 

Extraits de ‘The Covid Economy Carves Deep Divide Between Haves and Have-Nots‘  par le Wall Street Journal:

What has developed is more like a K. On the upper arm of the K are well-educated and well-off people, businesses tied to the digital economy or supplying domestic necessities, and regions such as tech-forward Western cities. By and large, they are prospering.

 

On the bottom arm are lower-wage workers with fewer credentials, old-line businesses and regions tied to tourism and public gatherings. They can expect to bear years-long scars from the crisis.

 

Tensions sociales, concentration boursière

Nous le commentions en introduction, ces disparités permettent d’expliquer les effets de concentration bien identifiés par les marchés financiers, le fameux décalage entre Wall Street et Main Street:

The divergence helps explain the striking disconnect of a stock market and household wealth near record highs, while lines stretch at food banks and applications for jobless benefits continue to grow.

La manière dont les ‘deux bras du K’ interagissent pourrait impacter l’optimisme du consensus actuel :

So does the threat that the damage for those on the lower arm of the K spills over to the rest of the economy in the form of reduced consumer spending and increased evictions and debt defaults.

L’effet de concentration qui domine la reprise en V s’explique facilement …

But on the K-shaped recovery’s top arm, the U.S. had as many workers earning more than $28 an hour by August as before the pandemic—many working in white-collar sectors such as tech, finance and medicine.

 

The insurance, scientific research and investment industries, plus the category of information services that includes aspects of Facebook and Google’s operations, had by September recovered all the jobs lost since February, according to the Labor Department. Other enterprises adding jobs included home-improvement stores, couriers and ecommerce warehouses—businesses largely involved in selling to the people who never lost their jobs.

… tout comme son origine financière, c’est-à-dire l’effet de levier que les banques centrales brandissent à nouveau comme parade aux difficultés réelles :

Homeowners are on the upper arm of the K-shaped economic recovery. They’re seeing values rise. The median sales price of an existing home in August was 11.4% higher than in August 2019, according to the National Association of Realtors.

 

Those with homes can also take advantage of historically low interest rates to trim mortgage bills or tap home-equity loans. This spring, 76% of white households owned their homes, while 47% of Black households did, according to the Census Bureau.

 

Covid-19: un effet d’accélération

 

Propositions et hypothèses de Keenvest:

 

  • Cet article s’intéresse aux dessous d’une réalité économique dissociée qui ne date pas d’hier: concentration de la richesse, disparités des revenus, accès à l’éducation…

 

  • Loin d’adresser ces décalages, les réponses publiques et financières à la crise de coronavirus ne font que les renforcer. Les revues pourtant prometteuses menées par les banques centrales (Fed Listens, revue stratégique de la BCE) ont été stoppées net par la crise sanitaire. En Europe, la BCE utilise à nouveau son rôle de supervision bancaire pour ‘augmenter l’efficacité’ de sa politique monétaire. Aux Etats-Unis, le timide mea culpa de la Fed concernant les pressions déflationnistes s’est mué en … un nouvel objectif de sur-ajustement d’inflation (!). La course aux ‘espaces fiscaux et monétaires’ est à nouveau ouverte, leurs hypothèses sont transformées en certitudes par une communauté financière qui n’en demandait pas tant, les investisseurs applaudissent. L’aléa moral tourne à plein régime.

 

  • Déjà malmenées par la crise financière, il semble évident que les tensions sociales resteront un enjeu macro-financier de première importance. Ce blog les considère comme une force de convergence entre les sphères publique et privée.

 

  • De nouvelles formes d’équilibre devront probablement être envisagées afin de répondre aux effets de long-terme de la pandémie. Il est probable qu’elles n’aillent pas dans le sens des attentes actuelles.

 

A l’instar des tensions sociales abordées dans ce billet, les effets de la pandémie ne modifient ni les variables macro-financières de ce blog, ni leurs liens de causalité. Ils ont, par contre, une incidence majeure sur la dynamique et la vitesse de leur évolution.

 

Jacques

 

Sources :
– The Covid Economy Carves Deep Divide Between Haves and Have-Nots, WSJ, 06 October 2020
– Southwest Asks Employees to Accept Pay Cuts to Avoid Furloughs, WSJ, 06 October 2020

 

Un blog sur la finance

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