Ce billet date de décembre 2015. Souvenez-vous: l’année était (déjà!) marquée par des turbulences chinoises significatives. Le modèle de croissance externe – la monoculture des exportations – tremblait de toutes parts.

Avril 2019, un mini-cycle et quelques folies budgétaires plus tard, les questions d’antan reviennent sur le devant de la scène … avec une régularité de métronome :

  • La baisse de croissance est-elle transitoire ou structurelle ?
  • Peut-on vivre ‘à crédit’ indéfiniment et si oui à quels coûts ?
  • Le modèle de croissance ‘externe’ de la Chine est-il pérenne ?
  • En sa qualité de championne du commerce mondial l’Europe peut-elle facilement s’en extraire ?
  • Comment comprendre la fin du peg euro-suisse de janvier 2015 ?
  • Quel message cet épisode monétaire suisse nous donne-t-il à comprendre en matière de politiques publiques ?

Retour vers le futur …

Bonjour,

C’est au tour de la BNS de s’exprimer sur sa politique monétaire. Dans un communiqué de presse publié ce matin, la BNS indique laisser son taux d’intérêt inchangé à -0,75%.

Plus que la décision qui précède, nous nous intéressons à l’examen de la situation économique mené par la banque centrale, en particulier l’analyse des turbulences chinoises de cet été. Pour rappel, le secrétariat d’Etat à l’économie, le SECO, penchait il y a peu pour des effets conjoncturels transitoires :

 

«… Il semble donc plus probable que l’économie chinoise continue de croître lentement plutôt qu’elle ne connaisse un ralentissement marqué et critique pour le reste de l’économie mondiale. Comme jusqu’à présent, les impulsions moroses des pays émergents devraient quelque peu nuire au commerce mondial et aux exportations des pays industrialisés au cours des prochains trimestres. Cependant, la reprise conjoncturelle semble assez solide, notamment aux Etats-Unis, mais aussi et de plus en plus dans la zone euro.

Apparemment les lignes bougent sur ce plan. Bien que la faiblesse du commerce mondial soit toujours perçue sous un angle conjoncturel – un point que nous ne partageons pas – les risques associés au scénario de croissance de la BNS sont à présent évoqués de manière … structurelle.

Extrait du communiqué de presse :


La Banque nationale a légèrement abaissé sa prévision de croissance à court terme pour l’économie mondiale. Dans l’ensemble, elle considère les perspectives économiques mondiales avec un optimisme prudent. Cependant, la situation présente toujours des risques considérables. Il est possible que la mutation structurelle en Chine continue de peser sur la conjoncture industrielle et sur les investissements à l’échelle mondiale. Les faiblesses structurelles de l’Europe ainsi que les préoccupations actuelles au sujet de la sécurité publique pourraient également entraver l’activité économique.

 

Les prévisions de la BNS restent donc prudemment optimistes : 1% pour 2015 en termes réels, 1,5% en 2016. Le terme ‘prudent’ semble très opportun. En effet, ces chiffres nous paraissent bien optimistes en regard de l’environnement macro-financier actuel.

 

Voici nos propositions en matière de croissance et de politiques publiques :

Economies émergentes:
Les économies émergentes subissent une normalisation de croissance structurelle liée à l’évolution du crédit. La chute du commerce mondial (des exportations en tant que source principale de croissance émergente) en est le reflet, dans la mesure où les flux de crédit qui avaient alimenté ce modèle de croissance se retirent de manière abrupte.

 

US:
La croissance économique américaine est en fin de cycle. Le segment manufacturier, dont l’effet induit sur la croissance domestique est sous-estimé, indique des signes de contraction.

 

Europe:
Avec quelques mois de retard, la croissance européenne bénéficie de l’embellie américaine actuelle. Elle ne durera pas. Il nous semble erroné, comme beaucoup d’organismes publics l’ont fait ces derniers temps, d’associer ces résultats timides aux interventions de la BCE.

 

Suisse:
La Suisse ne parviendra pas à échapper à la dynamique européenne et mondiale. Comment aurait-elle pu le faire ? La fin du ‘peg’ entre le CHF et l’EUR n’a fait que corriger un décalage de croissance artificiel, coûteux et impossible à défendre.

 

Politiques publiques:
D’une manière générale, ce qui est vrai pour une petite économie comme la Suisse l’est également ailleurs. Nous pensons que les turbulences chinoises de l’été répondent à une logique similaire de normalisation financière et réelle.

 

Au niveau global, les déséquilibres accumulés ces dernières années, en particulier le risque de stabilité financière, obligeront les banques centrales à suivre des ‘voies de sortie’ similaires à celle de la BNS.

 

Jacques

 

Un blog sur la finance

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